Changer un interrupteur jauni, ajouter un point de commande près d’une porte, moderniser un séjour… L’installation d’un interrupteur fait partie des petits travaux électriques que beaucoup de particuliers envisagent de faire eux-mêmes.
C’est possible, à condition de respecter quelques règles de sécurité et de rester dans un cadre raisonnable : remplacement à l’identique, circuit éclairage existant, protection adaptée au tableau électrique. Dès qu’il s’agit de modifier le tableau, de créer un nouveau circuit ou d’intervenir dans une pièce à risques (salle de bain, extérieur…), mieux vaut faire appel à un électricien.
Rappels de sécurité avant toute installation ou branchement d’interrupteur
Avant même de penser branchement, il y a trois principes non négociables :
- Ne jamais travailler sous tension.
- Respecter la norme NF C 15-100 qui encadre les installations électriques basse tension en France.
- Ne pas improviser : si un schéma vous semble obscur, stop, on appelle un électricien.
En pratique, pour comment installer un interrupteur en sécurité :
- Coupez l’alimentation au disjoncteur général ou, a minima, au disjoncteur du circuit d’éclairage concerné.
- Affichez un message “Ne pas réenclencher – travaux en cours” pour éviter qu’une autre personne ne remette le courant.
- Vérifiez systématiquement l’absence de tension avec un vérificateur d’absence de tension (VAT) ou un multimètre adapté, sur les fils que vous allez manipuler.
Dernier point : la norme NF C 15-100 impose des règles spécifiques dans certaines zones (salle de bain, pièces d’eau, extérieur). Si votre interrupteur se situe dans une salle de bain (volumes de sécurité), en extérieur, exposé aux intempéries ou dans un local particulier (garage humide, cave, etc.), choisissez un matériel adapté (indice IP suffisant) et, au moindre doute, faites valider votre projet par un professionnel.

Bien choisir son interrupteur avant de l’installer
Avant de sortir les tournevis, il faut savoir quel interrupteur poser à la place de l’ancien (ou pour le nouveau point de commande).
Les principaux types d’interrupteurs
Les modèles les plus courants :
| Type d’interrupteur | Usage principal | Exemple typique |
|---|---|---|
| Interrupteur simple | Commande 1 point lumineux depuis 1 seul endroit | Petite chambre, cellier |
| Interrupteur double | Commande 2 points lumineux ou 2 groupes de lampes | Entrée + couloir, séjour |
| Va-et-vient | Commande 1 éclairage depuis 2 endroits différents | Couloir, escalier, grande pièce |
| Poussoir + télérupteur | Commande multi-points via relais au tableau | Cage d’escalier, longs couloirs |
| Variateur | Réglage d’intensité lumineuse (dimmable) | Salon, chambre, pièce de vie |
| Interrupteur connecté | Pilotage via appli, scénario domotique, commandes vocales | Maison connectée, optimisation énergie |
Dans le cadre d’une installation d’interrupteur par un particulier, on reste généralement sur un simple allumage (interrupteur simple), ou un va-et-vient (2 points de commande pour un même éclairage).
Si votre installation actuelle est en va-et-vient, il faudra absolument respecter ce type de montage pour garder la même fonctionnalité.
Emplacement et contraintes pratiques
Quelques repères utiles avant le branchement d'un nouvel interrupteur ou d'une prise murale :
- Hauteur courante en résidence : autour de 1,10 m du sol fini (hors cas particuliers accessibilité PMR).
- Position : idéalement du côté poignée de porte, à l’intérieur de la pièce (sauf WC, salles d’eau où il peut parfois être à l’extérieur selon configuration).
- En salle de bain, l’interrupteur est souvent placé hors volume, donc à l’extérieur de la pièce ou suffisamment éloigné des points d’eau.
Si vous remplacez un interrupteur existant, vous conservez en général son emplacement et sa boîte d’encastrement, ce qui simplifie énormément les choses.
Comment installer un interrupteur ? Étapes pas à pas
La procédure ci-dessous décrit le remplacement d’un interrupteur encastré existant par un modèle équivalent, sur un circuit d’éclairage classique.

Couper le courant et vérifier l’absence de tension
- Repérez au tableau le disjoncteur associé au circuit d’éclairage concerné.
- Coupez ce disjoncteur, ou le disjoncteur général si vous avez un doute.
- Au niveau de l’interrupteur, testez la présence de tension entre les fils et la terre ou le neutre à l’aide d’un VAT ou d’un multimètre.
- Tant que vous n’avez pas confirmé l’absence totale de tension, vous considérez le circuit comme potentiellement dangereux.
Démonter l’ancien interrupteur
Retirez d’abord la plaque décorative, puis le mécanisme :
- Déclipsez ou dévissez le support pour accéder au “cœur” de l’interrupteur.
- Sortez délicatement le mécanisme de la boîte d’encastrement sans tirer brusquement sur les fils.
- Observez le câblage : repérez la phase (souvent fil rouge ou marron) et le retour lampe (autre couleur, souvent orange, violet ou une autre couleur que le neutre bleu).
- Sur un va-et-vient, vous verrez un commun (L) et deux navettes (généralement de la même couleur).
Prenez une photo avant de débrancher : c’est un excellent aide-mémoire en cas de doute.
Préparer les conducteurs
Débranchez les fils un par un en desserrant les bornes à vis ou en libérant les bornes automatiques. Ensuite :
- Vérifiez l’état des conducteurs : si le cuivre est noirci, tordu ou abîmé, coupez quelques millimètres.
- Dénudez à nouveau sur environ 10–12 mm, selon la profondeur des bornes de l’interrupteur.
- Assurez-vous qu’aucun brin de cuivre ne dépasse lorsqu’ils seront en place.
Si vous travaillez avec des fils souples (plus rare dans ce cas), utilisez des embouts de câblage sertis plutôt que d’introduire directement les brins dans les bornes.
Raccorder le nouvel interrupteur
La logique générale est :
- La phase d’arrivée sur la borne L (ou repérée “P”, “COM” selon le fabricant).
- Le retour lampe sur la borne de sortie (repérée “1”, “2” ou par un symbole de lampe).
Pour un interrupteur simple :
- 1 fil de phase d’arrivée sur L.
- 1 fil de retour lampe sur la borne de sortie.
- La terre ne se raccorde pas à l’interrupteur, mais passe dans la boîte vers le luminaire si nécessaire.
Pour un va-et-vient :
- Le commun (phase d’arrivée ou retour vers lampe selon le côté) sur L.
- Les deux navettes sur les bornes 1 et 2.
- Là encore, la terre reste dans la boîte, non raccordée au mécanisme.
Serrez correctement les bornes, sans excès, et vérifiez en tirant légèrement sur chaque fil qu’il est bien maintenu.
Remettre en place et fixer l’interrupteur
Une fois les fils raccordés :
- Repliez-les doucement dans la boîte, sans les plier à angle vif ni forcer.
- Positionnez le mécanisme d’interrupteur dans la boîte d’encastrement, alignez-le à peu près droit.
- Vissez ou clipsez selon le système.
- Clipsez enfin la plaque décorative.
Prenez un instant pour vérifier le résultat visuel : interrupteur droit, plaque bien plaquée au mur, pas de jour important entre les deux.
Rétablir le courant et tester
Retournez au tableau :
- Réenclenchez le disjoncteur du circuit (ou le général).
- Testez l’interrupteur : la lumière doit s’allumer et s’éteindre correctement.
- En cas de va-et-vient, testez les deux points de commande dans toutes les positions.
Si le disjoncteur saute, si la lampe reste allumée ou éteinte quoi que vous fassiez, recoupez immédiatement le courant et reprenez calmement :
- vérifiez que la phase et le retour lampe ne sont pas inversés ou mis en contact,
- sur un va-et-vient, vérifiez que le commun est bien sur L et non sur une borne de navette.
En cas de doute persistant, ne “bricolez” pas au hasard : faites intervenir un électricien.
